Malgré des dizaines d’auditions et un battage médiatique d’ampleur, la commission parlementaire lancée par Laurent Wauquiez n’a pas pu documenter le prétendu lien entre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et des organisations islamistes. Le rapport final se contente de compiler des accusations déjà connues.

Par Ilyes Ramdani, le 18 décembre 2025

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    17 days ago

    Des recommandations bien maigres

    Pour étayer son jugement, le député UDR Matthieu Bloch s’appuie sur les témoignages de Cédric Brun, un conseiller régional des Hauts-de-France qui a quitté LFI, et des journalistes du Point Erwan Seznec et Nora Bussigny, dont le nom est cité soixante-six fois dans le rapport. C’est cette même journaliste qui a révélé mercredi le contenu d’un rapport « saisissant » qui « établit officiellement la proximité entre des élus insoumis et des mouvements islamistes »… sur la base de plusieurs auditions, parmi lesquelles la sienne. La boucle est bouclée.

    En conclusion, le document dresse trente-deux recommandations dont la majorité n’a pas grand-chose à voir avec le sujet de son enquête, mais ressemble plutôt à un des innombrables rapports sur le séparatisme : l’une d’entre elles porte sur l’autorisation donnée par les préfets et préfètes de construire des mosquées, d’autres sur la dissolution des associations, le contrôle de leurs subventions, le gel des avoirs pour apologie du terrorisme, ou encore le port du voile lors des compétitions sportives…

    Sur le sujet du lien entre politiques et islamisme, quelques propositions émergent, dont l’applicabilité pose question : donner une existence juridique aux notions de séparatisme et d’entrisme islamiste, interdire aux ministres du culte de donner des consignes électorales dans un lieu de culte, encadrer les investitures données dans les partis politiques…

    Dans sa contribution ajoutée en annexe au rapport, LFI dénonce une commission d’enquête qui a atteint « des sommets d’absurdités inégalées », pensée comme « une commission d’inquisition politique » et « d’instrumentalisation grossière ». Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ironise sur l’audition de son chef de file, qui a tourné à l’avantage de ce dernier le 6 décembre : « Cette audition a cumulé plus de 30 millions de vues : l’un des meilleurs meetings que nous ait offert Laurent Wauquiez ! »